Portrait de Romain Clamaron

Romain Clamaron

Mini Autobiographie Professionnelle

Voici l'histoire d'une transformation intérieure avant toute chose...

Celle d'un gamin qui a été paralysé par l'angoisse, qui a traversé les interactions sociales entre la boule au ventre et le figement total pour apprendre, lentement, à habiter pleinement sa propre vie et son propre corps.

Aujourd'hui le gamin est devenu un homme, et a accompagné des centaines d'entrepreneurs et d'artistes en chemin de conscience et de transformation à faire croître leur projet. J'ai (co)organisé des centaines d'évènements et des dizaines de retraites. Parlé de business ET de spiritualité. Mais ce que personne n'a vu de l'extérieur, c'est le long et lent chemin qui se passait à l'intérieur, loin des regards.

Ce que je veux partager ici est le témoignage d'une épreuve du feu, pour ceux qui reconnaîtront quelque chose de leur propre chemin.

Ce qui me définit

Adjectifs

Audacieux, Connecteur, Profond, Authentique, Ancré

Valeurs

Sagesse incarnée, Liberté intérieure, Intégrité, Transformation, Audace

Chapitre I

L'angoisse transmise dans les gènes

BD : L'angoisse, une compagne quotidienne

Pendant toute une partie de ma vie, l'angoisse a été une compagne quotidienne, une présence sourde qui ne me quittait jamais vraiment, même dans les moments les plus ordinaires. Des deux côtés de ma famille, les hommes ont vécu des angoisses profondes, jusqu'en psychiatrie pour mon grand-père.

Je me souviens de cette boule au ventre qui se formait dès que je sortais de chez moi pour prendre les transports en commun lyonnais. Cette sensation d'oppression qui montait dans ma poitrine à chaque fois que je devais affronter le monde extérieur et ses regards inconnus. J'étais souvent physiquement paralysé par ma timidité, dès que le risque de rejet faisait surface dans l'interaction, beaucoup avec les filles évidemment... Bloquant tellement de réalisations dans cette partie de ma vie et me donnant le goût ardent de me dépasser.

Au fond de moi, une vision puissante m'empêchait de sombrer dans l'angoisse dévorante. Je me répétais sans cesse cette phrase comme un mantra salvateur : « Ce que tu veux, tu le peux. » Dans ma tête immature d'adolescent, il n'existait que deux options possibles pour mon avenir : soit je deviendrais un sage à la direction du monde, soit je finirais clochard en marge de la société.

C'est la joie de mon neuro-atypisme, qui comme je comprendrais plus tard, est une force à double tranchant, un mode de pensée accéléré qui me piège souvent dans la concentration sur mes projets.

La morale

La vie m'a montré que nos plus grandes faiblesses peuvent devenir nos plus grandes expertises quand on décide de les transformer plutôt que de les fuir. Je crois que nos vocations naissent souvent de nos abysses.

Chapitre II

Debout dans l'éboulement

BD : Debout dans l'effondrement familial

J'avais dix-sept ans quand ma famille a implosé et que ce que je connaissais de stable s'est effondré. Mes parents se sont séparés, et cette rupture a déclenché quelque chose de terrible chez mon père, quelque chose que personne n'avait vu venir. Lui qui avait été un père de famille solide et présent, s'est mis à descendre dans l'abysse de la dépression... Qui allait durer près de dix ans.

Pendant cette période les rôles se sont inversés, je suis devenu l'intermédiaire entre mon père et ma mère, le pont fragile entre deux personnes qui ne pouvaient plus se parler directement sans se faire du mal, ainsi que le protecteur de ma sœur.

Sans vraiment le décider consciemment, je me suis retrouvé à jouer le rôle du père de famille, celui qui maintient les liens et qui tient dans les tempêtes d'émotions. J'ai inconsciemment choisi de gérer les crises, apaiser les tensions, être fort quand le monde autour de moi se perdait dans le chaos de la séparation. Cette responsabilité m'a transformé bien plus profondément que n'importe quelle formation ou n'importe quel livre n'aurait jamais pu le faire... Elle m'a aussi montré la force que l'on peut donner pour aider ses proches, ce que ça peut réellement changer dans leur vie, et à l'opposé, les grandes limites de contrôle de la fameuse posture du sauveur.

La morale

Il y a quelque chose de positif qui est sorti de ces ténèbres : une profonde capacité d'empathie, d'écoute et de transmutation des vieilles blessures familiales.

Chapitre III

L'éveil de vocation face au mentor en miroir

BD : La rencontre avec le mentor

J'avais vingt ans, passionné de la sagesse millénaire de l'Inde quand ma mère m'a emmené dans un restaurant à Lyon où un certain Stéphane Ayrault donnait une conférence sur ce thème précis. La salle était pleine, il devait y avoir une trentaine de personnes bien serrées dans ce petit espace, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre et j'ai été surpris à tous les niveaux. Moi qui n'osait jamais ne serait-ce que fredonner en public, il nous a fait chanter des mantras qui ont fait vibrer mon âme. Moi qui aimait la sagesse de l'Inde, il nous l'a abordé avec finesse et simplicité. Moi qui pratiquait la méditation, il nous a offert un temps paisible en silence. J'étais bluffé, je vibrais, j'avais l'impression de toucher ma vocation, de voir en Stéphane le moi dans 20 ans.

Quelque chose d'inexplicable s'est produit. Son regard s'est penché en travers de la foule, au fil de toutes ces personnes qui attendaient leur tour, et il s'est posé directement sur moi. Il m'a fait signe de venir vers lui, de passer devant tout le monde comme si j'étais attendu depuis longtemps. Son regard était intensément brillant et bienveillant, très chaleureux et très simple à la fois, comme celui de quelqu'un qui reconnaît un vieil ami.

Quand je me suis assis face à lui, nous avons découvert que nous avions lu exactement les mêmes livres, dans le même ordre, au même âge, depuis L'alchimiste de Paulo Coelho, Les 5 blessures de l'âme, jusqu'à L'autobiographie d'un Yogi et La vie des maîtres. J'ai tellement buggé en réalisant cette coïncidence impossible que j'en tremblais encore en sortant du restaurant ce soir-là. En le regardant, j'avais vu ce que je pouvais devenir et cette vision m'avait bouleversé jusqu'au plus profond de mon être : je venais de toucher ma vocation d'intervenant.

La morale

Je crois que quand l'on rencontre sa vocation, le corps le sait avant la tête, et qu'il le fait comprendre par des signes que l'on ne peut pas ignorer.

Chapitre IV

Solitude dans la foule indienne

BD : Seul face à l'immensité de l'Inde

Quelques mois après ma rencontre avec Stéphane, j'ai fait ma première initiation à la respiration et la méditation avec lui. C'est pendant ce stage que j'ai vécu ma première expérience d'éveil de conscience, après une longue session de respiration profondément challengeante. Je me rappelle marcher dans l'herbe verte, pieds nus, et rire à gorge déployée de tous mes conditionnements. Les participants m'ont appelé « petit bouddha » car je brillais d'un grand sourire paisible toute cette semaine.

Quelques semaines après, je me suis retrouvé dans un avion pour l'Inde, seul pour la première fois de ma vie dans un voyage aussi lointain. J'allais rejoindre un ashram de la fondation de Yoga dans laquelle enseignait Stéphane... Mais rien ne m'avait préparé au choc qui m'attendait de l'autre côté du monde. Dès ma descente d'avion, des odeurs nauséabondes que je n'avais jamais senties sont venues m'assaillir, ainsi que des scènes de pauvreté totale en passant au bord des bidonvilles de la métropole de Bangalore.

Des images de misère humaine que mon esprit de jeune homme venant de banlieue lyonnaise n'arrivait pas vraiment à traiter. Pour couronner le tout, j'étais arrivé pendant le plus gros festival hindou de l'année, la Navaratri, et des dizaines de milliers de personnes grouillaient partout autour de moi. La peur m'a complètement envahi, suivie d'une déprime profonde qui m'a accompagné pendant les premiers jours.

Petit à petit, j'ai réussi à traverser cette épreuve, à compléter mon stage de silence, puis à recevoir mon initiation védique à la sagesse millénaire de l'Inde. Je suis resté trois mois au total, rasé mon crâne, porté la toge de moine et les gens m'appelaient « Swamiji », « le petit moine » qui marchait dans les villages et dormait par terre chez l'habitant... comme cela se faisait des millénaires en arrière. Ce fut une profonde expérience formatrice, qui éveilla en moi le souhait de transmettre plus fort encore.

La morale

Les épreuves les plus terrifiantes sont souvent celles qui nous préparent le mieux à notre mission de vie, à condition d'accepter de les traverser plutôt que de les fuir.

Chapitre V

Coacher un leader reconnu dès les débuts

BD : Le gamin paralysé est devenu un mentor

Au retour de l'Inde, profondément marqué par cette sagesse millénaire qui me semblait si familière, j'ai décidé de suivre ma vocation et de donner mes premières conférences. Du haut de mes 20 ans, sans un poil sur le menton, je suis arrivé à convaincre par pure audace le restaurateur du « Bollywood Tandoor » à Lyon de me laisser organiser une soirée mensuelle dans sa belle salle. Cela durera quatre ans, avec un succès progressif, puisque j'ai commencé avec une salle quasi vide avec 3 ou 4 participants.

Pendant l'une de ces soirées appelées « Sagesse », une medium me fit une autre prédiction : « Ce que tu fais avec les groupes est très puissant, et je pense que quand tu accompagneras en tête à tête, cela le sera encore plus, ou tout autant ! » Je n'avais jamais pensé à devenir accompagnant, pourtant cette femme venait de me révéler l'autre partie de ma vocation ce jour là... Celle d'accompagner, de mentorer.

Saut dans le temps, quelques années plus tard, je me retrouvais Place Bellecour à Lyon, sur le point d'accompagner Julien Musy, formateur reconnu du coaching francophone. Le syndrome de l'imposteur me hurlait dans les oreilles que j'allais potentiellement me ridiculiser devant quelqu'un qui en sait mille fois plus que moi sur ce métier. Mais je me suis raccroché à la sagesse : j'avais une expertise que lui n'avait pas, et je devais rester focalisé sur ce domaine précis.

Cette expertise, c'est celle du don pour l'image, le style vestimentaire... Ce que j'appelle le « magnétisme », la force d'attraction. C'est une de mes grandes passions, en grand timide, qui m'a mené au salon international de la mode masculine, à fréquenter les hommes parmi les plus élégants de la planète et être capturé en photo dans les plus grands magazines.

La journée s'est déroulée, et contre toute attente, la mayonnaise a super bien pris. Après notre travail ensemble, Julien m'expliqua qu'il pouvait maintenant aller au bar d'un hôtel cinq étoiles et se sentir au même niveau que n'importe qui, qu'il se sentait « mille fois plus puissant et magnétique ». Le gamin timide et paralysé que j'avais été avait évolué et venait d'aider à transformer un maître dans son propre domaine d'expertise.

La morale

La compétence n'a pas de hiérarchie sociale ou financière. Même un débutant peut aider à transformer un maître dans un domaine précis. La légitimité ne vient pas du statut mais de la profondeur du travail qu'on a fait sur soi.

Mon histoire en images

Bande dessinée complète — Romain Clamaron

Envie d'aller plus loin ?

Mon chemin m'a appris que la transformation la plus profonde passe par le corps et les émotions avant de passer par la tête, et que nos plus grandes blessures peuvent devenir nos plus grands cadeaux quand on les conscientise et qu'on les guérit.

Si tu sens que tu es prêt à aller plus loin, à transformer ton angoisse en force et ta sensibilité en superpouvoir, alors peut-être que nos chemins sont faits pour se croiser.

romainclamaron.com